La Nouvelle Interdiction des Abris à Sharjah

Dans la ville de Sharjah, une nouvelle réglementation très débattue est entrée en vigueur : la municipalité locale a interdit l'installation d'abris pour voiture qui débordent sur les espaces publics en dehors des propriétés privées. La réglementation stipule strictement que toute structure qui dépasse les limites légales d'un terrain est considérée comme une violation, quelle que soit sa forme, son but, ou son matériau. Selon le décret, tout abri en infraction sera retiré, et les propriétaires risquent également des amendes.
Pourquoi les abris qui empiètent sur la rue sont-ils interdits?
Selon la municipalité, l'objectif est de protéger l'ordre urbain et les infrastructures. Les abris installés en dehors de propriétés privées affectent souvent l'état et l'accessibilité des infrastructures souterraines telles que les conduites d'eau et les câbles électriques. De plus, ils peuvent entraver la circulation des piétons, les zones de stationnement ou les voies d'urgence.
Un directeur technique de l'émission radiophonique "Direct Line" à Sharjah a souligné que le but de la réglementation n'est pas d'entraver les résidents mais de maintenir une planification urbaine globale, en particulier dans les zones résidentielles en pleine expansion où les charges d'infrastructure augmentent.
Préoccupations du public
Cependant, le décret n'a pas été universellement bien accueilli. Plusieurs résidents ont exprimé leur mécontentement sur diverses plateformes en ligne. Ils estiment que l'interdiction ignore les défis réels liés au logement et au climat.
D'une part, la taille de la parcelle pour de nombreuses villas ou maisons jumelées est insuffisante pour créer un espace de stationnement couvert à l'intérieur. D'autre part, les températures estivales aux Émirats arabes unis, qui dépassent souvent 45 °C, constituent une réelle menace pour les véhicules. Les véhicules laissés dans une chaleur extrême peuvent subir des dommages aux systèmes électroniques, aux batteries, aux pièces en plastique et à l'intérieur, sans oublier le risque mortel d'entrer dans une voiture laissée en plein soleil.
Beaucoup ont noté qu'ils ont déjà investi des sommes importantes dans des abris professionnels, esthétiques et qui n'entravent pas la circulation. Leur retrait représenterait non seulement une perte financière mais compliquerait également la vie quotidienne dans un pays où l'utilisation de la voiture est pratiquement incontournable.
Existe-t-il une solution?
En réponse au débat, la municipalité a annoncé qu'elle fournirait une assistance technique à l'avenir pour aider les propriétaires à réaménager les espaces de stationnement à l'intérieur. Cela pourrait impliquer de nouvelles entrées, des portails reconstruits ou des modifications aux structures de la cour. Cependant, cette solution n'est pas adaptée à tout le monde, en particulier à ceux qui ont pleinement utilisé leur surface constructible ou dont les caractéristiques du bâtiment ne permettent pas de modifications.
De plus en plus de résidents suggèrent qu'au lieu d'une interdiction totale, un système de permis devrait être mis en place. Dans ce cadre, la municipalité pourrait délivrer des permis pour des abris empiétant sur la rue, en fonction de la discrétion individuelle, pourvu qu'ils ne gênent pas la circulation, ne couvrent pas les trottoirs, ou n'affectent pas les infrastructures. Cela établirait un compromis entre les règles de planification urbaine et les besoins pratiques.
Dialogue social et urbain nécessaire
La situation actuelle met en lumière les défis de l'harmonisation de l'urbanisation et des besoins résidentiels dans une région en développement rapide comme les Émirats arabes unis. Protéger les espaces publics et la sécurité des infrastructures est important, mais le confort des résidents et la qualité de vie quotidienne ne doivent pas être négligés.
La meilleure solution serait que la municipalité et les résidents développent ensemble des lignes directrices qui permettent des installations d'abris réglementées, sûres et esthétiquement acceptables. Cela augmenterait la confiance du public dans la prise de décision et éviterait les cas où les règlements sont trop rigides et ignorent les réalités quotidiennes.
Résumé
La dernière réglementation de Sharjah est un exemple classique de l'affrontement entre les objectifs de planification urbaine et les besoins résidentiels. L'interdiction des abris dépassant les limites de propriété est techniquement justifiable, mais des solutions doivent également être trouvées pour les problèmes réels des résidents. La chaleur estivale, les contraintes spatiales et les investissements existants justifient une réglementation plus flexible, basée sur des permis. L'assistance technique offerte par la municipalité est un pas positif mais ne remplace pas le besoin de reconsidérer les réglementations. L'ouverture, le dialogue constructif et la prise en compte des expériences locales réelles peuvent mener à une solution vivable et acceptable pour tous. img_alt : Toiles couvrant des places de stationnement à Dubaï.
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