Crise Aérienne : Capacité Insuffisante d'ici 2035

Crise du Corridor Aérien : Pénurie de Capacité d'ici 2035
L'aviation sert de lien économique et social crucial entre les Émirats Arabes Unis et l'Inde, mais une récente étude avertit que si les niveaux de capacité actuels restent inchangés, près de 27 % du trafic passagers annuel pourrait ne pas être satisfait d'ici 2035. Cette pénurie ne serait pas seulement une gêne pour les passagers, mais entraînerait également des pertes économiques significatives pour les deux pays.
25 Millions de Passagers, Mais Pas Assez de Sièges
Une étude de Tourism Economics, publiée au nom d'Etihad Airways, indique que le trafic annuel du corridor aérien ÉAU-Inde pourrait atteindre 25 millions de passagers d'ici 2035. Cependant, si les capacités définies par l'accord bilatéral actuel restent inchangées, plus de 10,8 millions de personnes par an ne pourront pas trouver un siège sur ce trajet. Cumulativement sur une période de dix ans, cela représente plus de 54 millions de passagers insatisfaits, soit 27 % de la demande totale.
L'étude précise que cette situation n'est pas due à une demande faible, mais au contraire : la demande est remarquablement forte et augmente à un rythme accéléré chaque année, que le nombre de sièges disponibles ne peut suivre.
Routes Déjà Saturées entre Abu Dhabi et les Villes Indiennes
Un des goulets d'étranglement les plus critiques est survenu entre Abu Dhabi et l'Inde. Selon l'accord bilatéral de l'aviation actuel (ASA), les compagnies aériennes d'Abu Dhabi sont limitées à 50 000 sièges par semaine vers 11 villes indiennes désignées. Cependant, ce quota est déjà entièrement utilisé, et les vols fonctionnent avec un taux d'occupation de 85 % ou plus pendant la majeure partie de l'année.
Les estimations suggèrent que si les réglementations ne sont pas modifiées, environ 13,2 millions de passagers ne pourront pas voyager entre Abu Dhabi et l'Inde de 2026 à 2035, affectant encore une fois environ 27 % de la demande prévue.
Croissance Économique Apportant de Nouveaux Voyageurs
La croissance économique de l'Inde a dépassé les 7 % ces dernières années, et la proportion de ménages « capables de prendre l'avion » est passée de 24 % à 40 % entre 2010 et 2024. Cela indique clairement que la demande pour les services d'aviation n'est pas un pic à court terme, mais une tendance soutenue. En outre, les voyages domestiques et internationaux impliquant l'Inde pourraient augmenter en moyenne de 7,2 % par an au cours de la prochaine décennie.
Dans cet environnement en croissance, les ÉAU sont devenus le partenaire aérien international le plus important pour l'Inde : en 2025, on estime que 16,4 millions de passagers voyageront entre les deux pays, représentant près de 20 % de tous les voyages internationaux impliquant l'Inde – nettement devant tout autre pays.
Pénurie de Capacité Provoquant des Pertes Économiques
L'étude souligne que cette pénurie de capacité affecte bien plus que les compagnies aériennes ou les passagers. En 2025 seulement, le corridor aérien ÉAU-Inde soutient 4 millions de touristes entrants, génère 7,7 milliards de dollars en PIB, maintient près d'un million d'emplois, et fournit environ 1,2 milliard de dollars en recettes fiscales.
Sans augmentation du nombre de vols, cette croissance économique annuelle continuera à un taux de seulement 3 % jusqu'en 2030. À l'inverse, si le nombre de sièges disponibles était augmenté de 50 %, la croissance du PIB pourrait s'accélérer à 5,5 % par an, tandis qu'une augmentation de 100 % pourrait l'amener à 7 %. Les calculs suggèrent que cette croissance se traduirait par un ajout de 7,2 milliards de dollars en PIB, 170 000 nouveaux emplois, et près de 1,2 milliard de dollars en recettes fiscales supplémentaires chaque année de 2026 à 2030.
Avantages pour les Consommateurs et Potentiel Touristique
Non seulement les chiffres macroéconomiques en bénéficieraient, mais les passagers en profiteraient également : plus de routes disponibles et une concurrence accrue parmi les compagnies aériennes réduiraient les prix des billets à long terme d'environ 3 %. Cela se traduirait par une économie d'environ 12 dollars par passager, résultant en un total de 91 millions de dollars de « surplus des consommateurs » pour plus de sept millions de voyageurs d'ici 2035.
Villes Secondaires: Opportunités Non Exploitées
Le rapport souligne que les villes secondaires en plein développement en Inde – comme Pune, Goa, Lucknow, Vadodara, ou Mangalore – manquent totalement de vols directs depuis Abu Dhabi, car l'ASA actuel ne permet que 11 aéroports. Cela nécessite des transferts forcés aux aéroports de Delhi ou Mumbai, ce qui non seulement entraîne une perte de temps mais réduit également l'enthousiasme pour les voyages et détourne les investissements vers d'autres destinations.
Si des connexions directes étaient permises dans ces régions, l'étude suggère, par exemple, que Pune pourrait à lui seul recevoir un million de touristes d'Abu Dhabi entre 2026 et 2030, tandis que Goa pourrait voir 800 000 visiteurs supplémentaires.
Action Urgente Requise pour les Décideurs Politiques
La conclusion de l'étude est claire : sans progrès rapide dans la révision des accords bilatéraux de l'aviation, la connexion aérienne ÉAU-Inde sera de plus en plus contrainte. Cela représenterait une perte sérieuse non seulement pour les passagers mais aussi pour le potentiel de croissance économique des deux pays. Par des décisions appropriées, cependant, le corridor aérien ÉAU-Inde peut rester l'une des routes les plus réussies et bénéfiques de l'aviation mondiale – à condition que l'expansion de capacité ne soit pas négligée.
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